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"Hier, le jardin promettait tout, uniformément, tous les divertissements, les amusements possible. Mathilde y a virevolté comme dans un magasin de jouets, courant d’une merveille à l’autre, dans l’ivresse de la surabondance. Aujourd’hui, elle a choisi son jeu, elle sait celui qu’elle vient chercher et n’en veut pas d’autre. Il a la forme d’un garçon avec une dent en moins mais, dans la voix, deux notes de musique en plus. Un garçon qui n’hésite pas à cracher aux pieds d’une fille quand sa parole est engagée. Entre hier et aujourd’hui, elle a oublié qu’il y avait l’ennui. Après avoir fait chanter un loup, résisté au câlin dessert, Mathilde s’offre un rendez-vous au jardin des promesses. Entre hier et aujourd’hui, elle a connu le vertige de la beauté devant les tournesols, cramponnée à la main de Céline, puis sur le tracteur, au-dessus des mêmes tournesols, le vertige de la nouveauté, cramponnée à sa seule envie." Étonnement d’Oriane (feutre mauve assez pâle) : où se situe la littérature ? La littérature est-elle le récit ou quelque chose qui excède le récit. Il y a dans ce texte tout du récit et, pour moi, peu de choses de la littérature car la langue est banalisée, plutôt maltraitée, de l’ordre du cliché. Rien n’est dit ici qui ne pourrait l’être ailleurs avec un abus de la personnification, des répétitions, des phrases souples et uniformément coulantes. Je veux une langue âpre, hachée, chaotique, une langue qui résiste et se révolte, une langue qu’il faut violer pour la posséder… peut-être est-ce pour cela que je ne me suis pas encore sérieusement mise à écrire…
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